Elle couche avec toutes sortes d'oiseaux pour donner naissance à des monstres.

Elle couche avec toutes sortes d'oiseaux pour donner naissance à des monstres.
Les maisons font penser à des locomotives à vapeur, la fumée grisâtre qu'exhalent leurs cheminées fait pétiller un ciel d'acier...

Toute la ville est sous la main d'un souffleur de verre, il expire un froid qui mord les oreilles.

En p
assant devant une médiocre boutique de quartier, elle croise son reflet dans la vitrine. Elle s'adresse un sourire mesquin et satisfait, parfait et pourtant plein de fausses notes.
Quelle grande damme d
u haut de ses escarpins flamboyants aux talons claquant sur les pavets qui attirent sur elle tout les regards, elle ressemble à un élégant echassié faisant tourner la tête des hommes en un claquement de doigt... mais cette rue est vide, seul un chat de gouttière roux tigré les dents cassés miaule en minodant et se frotte à ses molets aussi fermes que des oeufs patiemment battus en neige et à ses chevilles fines comme des aiguilles à coudre.
Elle repousse fermement l
'animal du bout de sa canne de verre en le regardant avec dédain, esquissant une mou de dégout face à cette loque malsaine et sale. Elle empalerait bien ce matou suintant de pu ausant l'importuner dans sa contemplation d'elle même, mais la bête à déja détalait dans un couinement plaintif étrangement humain.
Elle reprend de
plus belle son narcissisme... elle étincelle comme un incendie au coeur de glace, et magnetise tout ce qui ause un peu trop se pencher sous ses jupons de cire aux dentelles innomables qu'elle fait danser avec la grace et la sournoiserie du serpent...
La robe q
u'elle porte aujourd'hui l'éblouie. Elle en a toute une penderie, en rayons de soleil ou en ailles de coléoptere, en toile d'araignée ou en cascade de mimosa... Mais c'est indégniablement celle ci ça préférée. En crystaux de glace et aux manches gonflantes en verre poli par les eaux salés des souterrains secrets de sa victime numéro 23, qui lui a offerte la vieille de la crémation de la numéro 22. Elle ne se souvien même plus des traits de son visage et de son indentité... assurement un haut magistrat ou bien un magicien, comme les autres auquels elle a estorqué pierres précieuses et pouvoirs magiques après les avoir laissés mourir de désir pour elle sans qu'aucun d'entre eux ne goutte jamais à sa peau de porcelaine...
Un
instant son passé la submerge dans une vague de lucidité, mais la rage l'arrache aussi t des trotoirs de St Petersbourg qu'elle a trop faits... son beau visage impassible est alors traversé par l'effroie durant une seconde pendant laquelle elle se jure de ne plus jamais laisser un homme l'approcher et sa grandiose coiffure "en pieuvre" se souleve comme si on la gonflait d'air. Quand la haine retombe, elle retrouve la sensation de souillure qu'elle a connue durant tant d'années et malgré ses pommettes hautes mise en valeur par la poudre de riz impécable, elle se dévisage et voit un monstre.
Ell
e a fait d'elle une redoutable séductrice, une tueuse manièrée, une déesse à la cruauté infinie, une machine à torturer innégalable... aucune humaine ne peut exercer un tel pouvoir sur la gente masculine, mais les filtres et les potions était venue à bout de tout ceux qui avaient croisé son chemin. Plus jamais elle n'eu à se rabaisser à la soumission, et pourtant le dégout d'elle même est toujours aussi présent....
Elle croise alors son regard. Deux perles de glace aussi tranchantes qu'une lame immense. La vitrine de la devanture explose alors en éclats tant le choc est intense, le verre ne supporte pas une telle charge de solitude.
Un des éclat v
ient se planter dans la chair tendre de la nymphe vétue d'iréel, en lieu et place de son petit coeur d'enfant désabusée, si profondement que la premiere goutte de sang perle sur les lèvres rouges et pulpeuses qui s'entrouvent comme un coquelicot qui éclot, puis glisse sur le menton à la blancheur pure habité par une lumiere trompeuse...
Sa robe
déchirée tombe à ses pieds dans un soupir et le jour s'écroule tandis qu'elle referme ses paupieres, des ombrelles anthracites comme la dentelle de la nuit... toute sa parure se métamorphose en plantes rampantes. Sa chevelure retombée recouvrant son corp pale, elle est si maigre qu'on pourrait la traverser et seules ses méches ambrées embrassant folement son minois fatigué temoignent encore de sa réalité.
El
le pénétre dans la boutique poussiéreuse comme une automate, marchant sur les morceaux de verre lui écorchant la plante des pieds sans exprimer la moindre douleur.
Derriè
re son comptoir de marbre, un couturier aux alures d'épouvantails et au visage dévoré par ses yeux s'approche de la jeune femme, et très doucement, en la soutenant alors qu'elle manque de s'éffondrer, il embrasse son cou frele et ses lévres au gout de miel rapellent le bout des moustaches d'un tout petit chat au museau mouillé.
Il lui so
uffle d'une voix ettonnement caverneuse :" vous ne pouvez pas repartir dans cette tenue, je vais vous tisser une robe..."
Il entreprend alo
rs de lui confectionner une robe de baisers, parcourant sa nudité tremblante, la tapissant minutieusement d'embrassades, la caressant avec une tendresse innimaginable... c'est un tourbillon qui se forme autour d'eux, car au fur et à mesure que l'homme progresse dans son incroyable couture il inspire la haine de la gamine s'abandonnant à ses bras minces.
Elle est seco
uée d'un rire de plus en plus violent, tandis qu'elle s'accroche désespérément au corp biscornu de cette ombre aimante la faisant revivre de sa douceur gratuite et innespérée...
Les pap
illons dans son bas ventre la chatouille irrésistiblement quand la folie de leurs corps inconnus emmelés explose.

Soudaine
ment, une irruption de sensations secoue ses os, et à la seconde précise de ce premier et dernier orgasme la soulageant pour l'éternité, elle fond, se fond dans son aimé ou bien se change en poussiere.
Dan
s le silence retrouvé d'une nuit paisible, dans une ruelle de Moscou, un épouvantail incrédule et pensif caresse distraitement un chat de gouttière.

(touche musica
le : le carnet à spirale : William Sheller)
(touche littéraire
: la mécanique du coeur : Mathias Malzieu)

Lucile, embrasée.
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# Gepost op donderdag 27 december 2007, 14u18

Après ça. Je ne vais pas très bien.

Après ça. Je ne vais pas très bien.
Je rentrais chez moi, des larmes de rages coulant sur mes joues.
J
e m'assayais sur mon fauteuil avec tent de force qu'il émit un craquement sonore, signe d'approbation?
Je prenais mon livre fermement et me mis à lire pour m'arrêter quelques secondes plus tard.
A
près m'être redressé, je me tapai late avec le poing.
"C
omment être aussi bête? C'est vrai je ne suis pas tant que ça. A quoi m'attendais-je?
J
e ne suis que moi, Simon, celui qui manque d'amis."
J'ai
fait un cadeau, je n'ai personne à qui l'offrir.
Pour me calmer, je connais le moyen. Je prends mes écouteurs et les colle à mes oreilles avec la musique qui ne semble intéresser plus que moi, indochine. Je ne manque pas vraiment de connaissances musicales comme on pourrait le croire, "toujours là-dedans", mais ça me fait du bien plus qu'autre chose.
Une f
ois le CD terminé, j'esquissais un sourire à moi-même.
J
e ne suis pas si seul.

(touche musicale : Sultans of Swing : Dire Straits)
(touche littéraire : Le Gone du Chaâba : Azouz Begag)

simon.

# Gepost op donderdag 27 december 2007, 09u38

On se frottera l'un contre l'être à s'en faire cramer le squelette...

On se frottera l'un contre l'être à s'en faire cramer le squelette...
L'écharpe remontée jusqu'au nez, je pérégrine dans la campagne givrée.
Sur
mes lacets je trébuche.
J'ignore
les afriolantes fanfreluches.

B
onheur trop vite consommé et aussi tôt consumé...

A la phrase "ses seins ressemblent à deux petites meringues si merveilleusement bien cuites qu'il serait inconvenant de ne pas les dévorer sur le champ" les souvenirs de cette nymphe m'électrise...
J'ext
irpe avec la précaution de l'enfant devant un cliché pornographique, écrevisse à l'idée qu'on le prenne en flagrantlit de vice, la photo d'elle que je cache dans le vieux carnet qui me suit partout.
Ces traits aussi fins qu'un dessin, sa peau de porcelaine semblant aussi fragile que du crystal...
S
on joli nez aquilin et ce regard limpide comme le flot d'un torrent contenu à l'intérieur de deux amendes, les taches de rousseur parsemant son visage assorties à ses cheveux ondoyant tombant en cascade sur ses minces épaules, volant comme une traine majestueuse derière elle...
Je
me remémore ses gestes élégants et gracieux, subtiles et légés à l'image de son corp élancé aux courbes si délicates qu'on l'aurait cru sculté dans du marbre.
Quand j
e caresse du bout des doigts une harpe en bois j'imagine sans retenue que c'est sa hanche que j'effleure, sa peau de lait que je parcoure...

J
'attend que la haine ou la jalousie me submerge, que je puisse refermer avec hargne mon calpin et chasser la beauté incroyable de cette fille de mon esprit. Mais rien ne vient.
Je devra
is me preparer un peu de café.

(touche
musicale : cunnilingus Mon Amour! : Mathias Malzieu, Babet et Rossy De Palma)
(touche li
ttéraire : initiation à l'aquarelle : Charlotte Vannier)

L
ucile, tarabiscotée.

# Gepost op woensdag 26 december 2007, 08u25

Gewijzigd op woensdag 26 december 2007, 11u17

l'Andalousie et ses spaghettis westerns

l'Andalousie et ses spaghettis westerns
.
je ne suis qu'un trucage humain en partance vers pas grand chose.
L
a locomotive de mon coeur, à vapeur.
H
onni sois qui mal y pense.
E
t je n'ai pas le temps.
C
omme parfois j'écris, j'écris un message, que personne ne saisit et je vous comprend.
C
ar je ne suis qu'une coquille vide, une pale imitation de quelque chose que je ne connais pas. Je n'en dis pas trop par peur de trop en dire.

J'ères dans le jardin, dans le village illuminée sur différentes collines. Je cherchais de nouveaux lieux, de nouvelle sensations, une note qui ferais tout.
J'avais l'impression de mloigner de ce que je cherchais, ou bien de marcher dans le vague.
De trainer mes chaussures où je n'ai pas droit, sans pouvoir revenir en arrière.
C
'est vrai ce tait guère original. Mais cette chaleur, cette brusque mone. La locomotive à vapeur glissait sur les rails comme attirée en haut. Mais le sommet pas, je me retrouvait en face de cette vale morte de jalousie, totalement déserte à part les remords.
L'
Andalousie, je ne la trouverai pas, je ferai dans le compromis.
D
ans le froid, la neige, je montais une nouvelle fois. Je trébuchais, tombait à terre comme pierre, roulais. Et je me retrouvais face à tout... ce que je ne comprends pas. La mécanique de mon coeur.

(touche musicale : mistaken identity : kim karns)
(touche littéraire : Les fourberies de scapin : Molière)

Simon, en route.

# Gepost op zondag 23 december 2007, 16u55

C'est une question de sexe à pile.

C'est une question de sexe à pile.
Quand on me regarde je hausse un sourcil ou je n'y prette pas attention.
J'ai chaud
sous ma peau, j'y somnole tandis que les regards y glissent sans jamais parvenir à me toucher.
Certa
ins mots sont toute fois des caresses, et me secoue un peu, malgré ma fine carapasse de chair.

De
temps à autres, un membre quelconque de mon corp ne semble plus m'appartenir, il est indépendant et je lui fait les gros yeux pour qu'il deigne se remettre en place.

M
ais c'est bien moi, sous ce costume et ces expressions à mon image, bien moi qui prononce ces mots et qui dirige ce mécanisme.
J'oeuvre dans mon corp comme dans une vieille locomotive à charbon, toujours affairée pour gerer mouvements et paroles, puisque c'est la seule prise que les autres ont sur moi, et que je souhaite que l'image que je donne soit le reflet le plus correct de l'original qui a pris racines dans mes viceres.
Non, l
e corp n'est pas la prison de l'âme, il est l'incroyable moyen de locomotion pour cheminer la où notre instinc nous pousse et le fabuleux transmetteur des messages que notre esprit cherche à exprimer.
Le mien je le connais par coeur, de ma microscopique sicatrice sur la cuisse gauche aux grains de beauté constelant mes mains, mon cou et mes seins, pourtant les sensations qu'il est apte à ressentir me surprennent encore.
Il me
suivra jusqu'à ma mort, mais se métamorphosera avec les années, se fripant, se tassant, si la vie lui en laisse le temps. Mais même après ça il sera encore mien et je resterais la seule à avoir le pouvoir de le commander, de le faire aller à la rencontre d'autres ou non, de l'abandonner à un homme ou non.

A
u fond, pourquoi chercher à tout prix à savoir qui l'on est ? De toute évidence nous ne sommes personne ou jamais les mêmes d'interlocuteur en interlocuteur.
Qu
oique nous fassions, nous adaptons inévitablement notre comportement aux situations, et personne ne peut parler de nous avec les même termes.
Nous essa
yons toujours de nous rassurer, en tentant de ressembler à l'image révée que nous avons de nous, faire la part des choses pour y acceder, se coller consciensieusement des etiquettes sur le front puisque nous sommes toujours mieu placés que les autres pour le faire et assez respectueux pour ne pas le faire avec les autres, mais impossible de se cerner. Car personne ne nous percevra jamais de la même façon et que le changement est inéluctable.
L
e tout est donc de savoir vers quoi nous allons, pas qui nous sommes, car à trop se questionner nous ne sommes plus.

Tout
ça pour en venir au fait qu'à ces cotés, quand il pose les yeux sur moi, je pense "il la regarde." au lieu de me sentir regardée.
Alor
s que je suis plus naturelle avec lui qu'avec quiconque, je me vois de l'exterieur tandis qu'aux commandes de mon corp plus personne ne répond. Comme si la marionette prenait vie, détruisant sur son passage ma morale et mes limites construitent par l'expérience de la vie puisque cette forme de rennaissance me renvoie à l'insouciance de l'enfance.
Etra
nge et plaisant phénoméne...

(touche
musicale : we are so cliché : Pierre Guimard et Nicolas Ullmann)
(
touche littéraire : La Farce de Maître Pathelin)

Lu
cile, généreuse mais égocentrique.

# Gepost op zondag 23 december 2007, 05u41