Quand on me regarde je hausse un sourcil ou je n'y prette pas attention.
J'ai chaud sous ma peau, j'y somnole tandis que les regards y glissent sans jamais parvenir à me toucher.
Certains mots sont toute fois des caresses, et me secoue un peu, malgré ma fine carapasse de chair.
De temps à autres, un membre quelconque de mon corp ne semble plus m'appartenir, il est indépendant et je lui fait les gros yeux pour qu'il deigne se remettre en place.
Mais c'est bien moi, sous ce costume et ces expressions à mon image, bien moi qui prononce ces mots et qui dirige ce mécanisme.
J'oeuvre dans mon corp comme dans une vieille locomotive à charbon, toujours affairée pour gerer mouvements et paroles, puisque c'est la seule prise que les autres ont sur moi, et que je souhaite que l'image que je donne soit le reflet le plus correct de l'original qui a pris racines dans mes viceres.
Non, le corp n'est pas la prison de l'âme, il est l'incroyable moyen de locomotion pour cheminer la où notre instinc nous pousse et le fabuleux transmetteur des messages que notre esprit cherche à exprimer.
Le mien je le connais par coeur, de ma microscopique sicatrice sur la cuisse gauche aux grains de beauté constelant mes mains, mon cou et mes seins, pourtant les sensations qu'il est apte à ressentir me surprennent encore.
Il me suivra jusqu'à ma mort, mais se métamorphosera avec les années, se fripant, se tassant, si la vie lui en laisse le temps. Mais même après ça il sera encore mien et je resterais la seule à avoir le pouvoir de le commander, de le faire aller à la rencontre d'autres ou non, de l'abandonner à un homme ou non.
Au fond, pourquoi chercher à tout prix à savoir qui l'on est ? De toute évidence nous ne sommes personne ou jamais les mêmes d'interlocuteur en interlocuteur.
Quoique nous fassions, nous adaptons inévitablement notre comportement aux situations, et personne ne peut parler de nous avec les même termes.
Nous essayons toujours de nous rassurer, en tentant de ressembler à l'image révée que nous avons de nous, faire la part des choses pour y acceder, se coller consciensieusement des etiquettes sur le front puisque nous sommes toujours mieu placés que les autres pour le faire et assez respectueux pour ne pas le faire avec les autres, mais impossible de se cerner. Car personne ne nous percevra jamais de la même façon et que le changement est inéluctable.
Le tout est donc de savoir vers quoi nous allons, pas qui nous sommes, car à trop se questionner nous ne sommes plus.
Tout ça pour en venir au fait qu'à ces cotés, quand il pose les yeux sur moi, je pense "il la regarde." au lieu de me sentir regardée.
Alors que je suis plus naturelle avec lui qu'avec quiconque, je me vois de l'exterieur tandis qu'aux commandes de mon corp plus personne ne répond. Comme si la marionette prenait vie, détruisant sur son passage ma morale et mes limites construitent par l'expérience de la vie puisque cette forme de rennaissance me renvoie à l'insouciance de l'enfance.
Etrange et plaisant phénoméne...
(touche musicale : we are so cliché : Pierre Guimard et Nicolas Ullmann)
(touche littéraire : La Farce de Maître Pathelin)
Lucile, généreuse mais égocentrique.
J'ai chaud sous ma peau, j'y somnole tandis que les regards y glissent sans jamais parvenir à me toucher.
Certains mots sont toute fois des caresses, et me secoue un peu, malgré ma fine carapasse de chair.
De temps à autres, un membre quelconque de mon corp ne semble plus m'appartenir, il est indépendant et je lui fait les gros yeux pour qu'il deigne se remettre en place.
Mais c'est bien moi, sous ce costume et ces expressions à mon image, bien moi qui prononce ces mots et qui dirige ce mécanisme.
J'oeuvre dans mon corp comme dans une vieille locomotive à charbon, toujours affairée pour gerer mouvements et paroles, puisque c'est la seule prise que les autres ont sur moi, et que je souhaite que l'image que je donne soit le reflet le plus correct de l'original qui a pris racines dans mes viceres.
Non, le corp n'est pas la prison de l'âme, il est l'incroyable moyen de locomotion pour cheminer la où notre instinc nous pousse et le fabuleux transmetteur des messages que notre esprit cherche à exprimer.
Le mien je le connais par coeur, de ma microscopique sicatrice sur la cuisse gauche aux grains de beauté constelant mes mains, mon cou et mes seins, pourtant les sensations qu'il est apte à ressentir me surprennent encore.
Il me suivra jusqu'à ma mort, mais se métamorphosera avec les années, se fripant, se tassant, si la vie lui en laisse le temps. Mais même après ça il sera encore mien et je resterais la seule à avoir le pouvoir de le commander, de le faire aller à la rencontre d'autres ou non, de l'abandonner à un homme ou non.
Au fond, pourquoi chercher à tout prix à savoir qui l'on est ? De toute évidence nous ne sommes personne ou jamais les mêmes d'interlocuteur en interlocuteur.
Quoique nous fassions, nous adaptons inévitablement notre comportement aux situations, et personne ne peut parler de nous avec les même termes.
Nous essayons toujours de nous rassurer, en tentant de ressembler à l'image révée que nous avons de nous, faire la part des choses pour y acceder, se coller consciensieusement des etiquettes sur le front puisque nous sommes toujours mieu placés que les autres pour le faire et assez respectueux pour ne pas le faire avec les autres, mais impossible de se cerner. Car personne ne nous percevra jamais de la même façon et que le changement est inéluctable.
Le tout est donc de savoir vers quoi nous allons, pas qui nous sommes, car à trop se questionner nous ne sommes plus.
Tout ça pour en venir au fait qu'à ces cotés, quand il pose les yeux sur moi, je pense "il la regarde." au lieu de me sentir regardée.
Alors que je suis plus naturelle avec lui qu'avec quiconque, je me vois de l'exterieur tandis qu'aux commandes de mon corp plus personne ne répond. Comme si la marionette prenait vie, détruisant sur son passage ma morale et mes limites construitent par l'expérience de la vie puisque cette forme de rennaissance me renvoie à l'insouciance de l'enfance.
Etrange et plaisant phénoméne...
(touche musicale : we are so cliché : Pierre Guimard et Nicolas Ullmann)
(touche littéraire : La Farce de Maître Pathelin)
Lucile, généreuse mais égocentrique.