Une pensée fanée dans un champ de soucis.

Une pensée fanée dans un champ de soucis.
Une chaumiere branlante.
De
s flacons poussiereux.
Une
cheminée fumante.
Des herbe
s séches dans les cheveux.

Un plat sans
épices.
Une
fleur d'aubepine.
Des dents qui crissent.
Une enfance badine.

Une bafouille bagayante.
U
n berceau bancal.
U
ne poitrine attrayante.
Un oeil dans un bocal.

Une
aurore jaunie.
Le
soufflet d'un acordéon.
U
ne veuve alanguie.
Un e
nfant sans poumons.

L
a rosée du matin.
Des envies frivolles.
Le
mur de Berlin.
L
a cage aux folles.

Un rossignol boiteux.
U
n asile d'aliénés.
U
ne promesse ou un aveux.
Un
inceste avo.

(touche musicale : Paris : Camille)
(touche littéraire : quand Hitler s'empara du lapin rose : Judith Kerr)

Lucile, biscornue.
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# Posté le vendredi 21 décembre 2007 13:53

Goûter la vie comme on goûte à un fruit.

Goûter la vie comme on goûte à un fruit.
La perspective de fêtes dans une solitude affligeante devrait me tourmenter et me pousser à la morosité, mais le froid du vent sifflant dans les rues me ranime chaque jour d'avantage, et je suis d'une humeur je m'en foutiste et pugnasse, sublimée d'une puerilité abondante délectable.
Une furieuse envie de da
nser saisi tout mon corp, un désir de me désarticuler, une soudaine impression d'être possedée par l'énergie même, un souhait de fièvre et de déhanchements.
Mais au lieu d
e me hisser sur la table pour y faire le grand écart en jetant un à un tout mes vêtements par la fenêtre, songeant à l'absurdité de la situation et au désagrément causé au passant qui prendrait de plein fouet mon soutien-gorge dans la figure, je me laisse basculer à la renverse sur le matelat, mou comme je l'imaginais.
Apr
ès avoir effectué quelques galipettes je m'imobilise, les quatres fer en l'air. Les yeux fermés, je réfléchie un instant à la couleur de ma culotte ( blanche et en coton ce jour même) offerte à la vue des protagonistes de la scène, puis mes pensées bifurquent sans s'attarder.

Le coq
au lointain pousse un long cri. Mes paupieres clignent énergiquement pour mieu époussetter les restes de mes rêves de la nuit. Dans un bailleument inodible je m'emmitoufle, remonte ma couette en plume d'oie jusqu'au menton. Je secoue ma tête barbouillée pour écarter la tignasse abondante obstruant ma vue, et lève les yeux sur les colines encore ombragées sur lequelles débouche l'entrée de la yourte grande ouverte. L'aube arrive à peine.
Je decrie un cercle du regard sur les paroies ornées de masques africains et souvenirs péruviens, des trésors ramenés des contrées les plus retirées du monde. A coté du matelat à même le sol s'amoncellent instrument de musique saugrenus, feuilles volantes, guenilles de robes magnifiques dénichées dans les vides greniers, albums d'images extraordinaires, travaux manuelles, bouquins usés, biscuits bio à moitier grignotés, vieux bidon de lait rempli de billes... et tronant au milieu de se bric à brac, l'imposante machine à écrire que je chéris tant. Je ne peut réprimer un vague sourire face à ma satisfaction d'avoir réussi à faire de ma vie actuelle le reflet, dans la moindre de ses imperfections, de mes rêves grotesques d'adolescence ou d'enfance qu'importe.
Je me
recule légérement pour mieu sentir la courbe de ce corp tout contre la nudité du mien, que je connais assez bien pour en retrouver chaque détail de mémoire sans éprouver le besoin de me retourner pour le voir dans la lumière de ce nouveau jour naissant. Surprise, c'est une matiere aussi douce et fine que de la soie que je rencontre. Une seconde me sufit pour reconaitre le souffle si légé dans mon dos, le balayant comme un éfleurement. La petite tête chatain jaillit de sous l'édredon, émergeant comme pour la toute premiere fois. Frapant mélange de l'être avec qui je découvre la vie ou joue à chat celon les jours, et de moi-même. Mon enfant.

(touche
musicale : queen of the highway : The Doors)
(touche littéraire : le chateau d'Anne Hiversere : Claude Ponti)

Lucile
, joueuse.
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# Posté le jeudi 20 décembre 2007 16:23

Modifié le dimanche 23 décembre 2007 05:46

L'arme à l'oeil.

L'arme à l'oeil.
Lame de la jalousie entaillant ma chair avec la violence de la haine que je m'inflige envers moi-même...

Guerre inrieure pour surmonter l'égoisme...

Durcie le coeur et brule les joues de rage.

La jalousie me contraint à faire face à un reflet que je déteste, ma facette la plus inflexible, n'hésitant pas à fouetter les autres trop laches pour lui resister. C'est un sourire sadique et des larmes bouillonantes, le plus absurde des sentiments, se nourissant de la vulnérabilité de la romantique qui prend l'intensité de son amour pour excuse...

J'ai froid.

(touche musicale : new roue de secours : Anne Cardona)
(touche litraire : la machine à broyer les petites filles : Tonino Benacquista)

Lucile, ridicule.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 15:20

La peur de décevoir finie un jour par tuer.

La peur de décevoir finie un jour par tuer.
C'est une magie incomprehensible, un désir irrésistible, une pulsion innatendue.
Cette v
ague de chaleur qui s'infiltre sous la peau, la traverse comme une onde brulante des pieds à la tête...
Les fr
issons parcourent la chair, le coeur bat si intensement dans la boite cranienne qu'il n'est plus qu'un grondement sourd... la tête tourne et tourne encore, le plafond n'est plus qu'une tache de couleur diluée, un tourbillon difus autour des corps...
Le
contrôle des membres devient incertain, les doigts courent, les lèvres se tendent inlassablement, le tissu se froissent, et le corp fremis... c'est un murmure electrique, figeant le sang dans les veines, faisant perdre la tête et la raison...
C'
est une saveur indescriptible, une proximité intime et exitante comme un secret susuré à l'oreille dont on est fier d'être le porteur mais qui est trop insoutenable pour que l'on se retienne de le repeter.
C'est une chaleur suspendue, révélatrice quand les barrres tombent avec les bouts de vétements, une voracité naissante rongeant le coeur et bouleversant le noeud des êtres entremêlés.
Les tabous s'émiettent quand les bouches se dévorent, l'impatience se fait alliée mais l'attente est succulente...
Les mots semblent s'echapper des pores, butent contre les murs de la chambre et emplissent l'atmosphere complice, lange de passion et de douceur...
De tendresse en caresses, la respiration haletante de trop plein de sensations, c'est un flot d'envies, de gouts, de senteurs et de touchés qui deferle sur l'étreinte des amants enlacés, oubliant qu'ils existent pour vivre en acceleré.

(touche musicale : le bruit des tasses : le Cri du Chat)
(touche littéraire : Pmes du monde : photographies de Philippe Bourseiller)

Luc
ile, pas si impermeable.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 14:46

Nuages, grands infirmes rieurs épousant la forme des vitres...

Nuages, grands infirmes rieurs épousant la forme des vitres...
Quincaillier de style en fond, je tend l'oreille aux paroles "parler sans agir c'est pas bien mais agir sans parler c'est mortel".
J'apparai alors dans l'entre-baillement de la porte. Je me dévisage. Je mordille ma lèvre inférieure. Diantre que je suis risible, cet air mélancolique et ces lèvres pincées figées sur ce visage de cire.
La tête lé
gerement inclinée, je me détaille avec septisme. Je me trouve bien culottée de poser sur moi un regard si indescent. Je me léve soudainement pour ne pas me soumettre à moi-même et mieu me mettre à ma hauteur. Je détaille mes formes, mon air hagard, mes gestes amples, maladroits et impulsifs balayant l'air. Je me reconnais un certain charme, mais n'en laisse rien paraitre.
Puis je
me détache de mon apparence physique qui m'ennuie à force de la croiser dans les miroirs, évoluant imperceptiblerment chaque jour sous mon regard désabusé, et je me penche sur le puit de mes yeux. Sombres ce soir, mais je crois percevoir le fond. J'y jette une volée de galets roux polis par l'eau de mère que j'arrache sur la crête de mon nez moucheté par ceux-ci, les gouttes viennent m'éclabousser le visage, ruissellent sur la plaine de mes joues et donnent un sens au mot "larmes" que j'avais oublié.
Je tourne
les talons et, lachement, en fixant l'étendue de la nuit par la baie vitrée, je susure à mon attention : "salope", en décomposant bien chaque syllabe. Je ne le pense pas vraiment, mais je l'ai bien cherché. Je scrute mon reflet avec discretion; je suis curieuse d'observer ma réaction face à cette provocation.
A mon
grand ettonement, je me décoche un sourire d'une tendresse incommensurable, lancé comme un défis mais sans cruauté, contrairement à Lolita dans le film. Je n'ause pas me retourner, mais soudainement je ressens le besoin de m'avouer quelque chose que je ne saurais pas qualifier comme réalité car c'est plus proche d'un souhait surréaliste : "je suis bissexuelle." C'est avant tout j'y consent pour attirer mon attention.
Je n'ause ajouter quoique ce soit, et me contente de me regarder me balancer d'un pied sur l'autre avec désinvolture, comme si j'attendais quelque chose. Ce comportement m'irrite, je plisse le nez tandis que derrière moi, je me dandine en enroulant mes doigts avec une volupté pleine de sous-entendus autour d'une méche de mes cheveux que je laisse flotter sur mes épaules dénudées alors que les miens sont étroitements noués en chignon.
Nous
sommes comme deux bêtes sauvages, se tournant autour pour se familiariser l'une à l'autre, nous méfiant, restant distantes mais assez proches pour jouer avec nos souffles entremelés, irresistiblement atties mais les babines retroussées sur des crocs tranchants...
Je
m'envie. Je suis féline et je m'assume.
Par dessus m
on épaule je me vois secouée d'un petit rire, puis, après avoir pivoté sur les talons en secouant ma chevelure avec allegresse dans un joli claquement de langue, je me laisse seule dans la piece, surement partie me retrouver ailleurs, m'abandonnant à mon trouble.
Soudainem
ent la nuit semble plus lourde, le silence plus sourd, la lumiere plus criarde.
Je c
rois bien m'être adressé un clin d'oeil avant de disparaitre dans la cage d'escalier... l'idée me fait rougir de bonheur. Mais peut être me trompais-je.

(tou
che musicale : pornostar : Thierry Blanchard)
(
touche littéraire : fille de sang : Michel Chevron)

Lucile, farouche
.

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 16:43

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 04:43