C'est pas la peine de se flageller avec le fouet du remord.

C'est pas la peine de se flageller avec le fouet du remord.
Sept ans de malheur disait ma mère lorsque je lui brisais les nerfs...

C'est plus simple qu'il n'y parait, beaucoup plus simple que d'essayer de se noyer... dans la foule.

Ce sont les fondations mêmes de notre relation qui sont douces-amers, mais il n'appartient qu'à nous de construire sucré-salé.

Je m'accroche à cet espoir tout en sachant avoir comme au jeux de hasard, peu de chance...

La fille, allongée sur le dos, la main d'une beau aux yeux de biche pence sur elle caressant sa joue, le regard figé sur l'aplique du plafond comme un papillon de nuit recherchant la lumière :
-
Mon esprit est une éponge que l'on essort.

L
'homme, affalé sur le ventre, la tête posée contre la poitrine de la demoiselle aux soulevements effroyablement placides et réguliés :
-
Mais aucune eau n'en sort...

Les yeux fermés je n'y vois rien, je les ouvre pour découvrir la rue froide et l'aigreur de l'absence.
L
es yeux ouverts je n'y vois rien, je les ferme pour la revoir dormir, frissoner ces cils denses et sombres et bouger ses pupilles indépendantes sous ses paupieres délicates.

Tout se sume au regard que l'on porte sur les choses. Et que la vie peut être belle, posée sur ce petit corp assoupi contre mes côtes...

(touche musicale : le retour de Bloody Betty : Dionysos)
(touche littéraire : Les Demeurées : Jeanne Benameur)

Lucile, funambulesque, en partance pour le Burkina.

# Posté le mardi 23 octobre 2007 06:38

Modifié le mardi 23 octobre 2007 12:16

Ta langue le poisson rouge dans le bocal de ta voix.

Ta langue le poisson rouge dans le bocal de ta voix.
Fraiche, sans plus.
L
es orteilles baignant dans le lac stagnant à mes pieds sur lequel seules les feuilles couleur rouille et pourpre décrivaient les rondes d' une valse mélancolique, trassant un sillon dans le liquide limpide, celles-ci finissaient par couler comme se pose délicatement une plume pour aller completer le tapis soyeux de végétation mélangée à la glése. Je ne m' aventurerais pas sur le pontont fremissant par peur de passer à travers les planches, me disais-je tout en me tenant bien droite sur celle de bois bancale et blanchie par le temps d'une ancienne balançoire pour ne pas tomber à l'eau.
Il
me semblait entendre l'infime battement de mes paupieres tant le silence était absorbant, quand l'immense corne se mit à resonner, emplissant la montagne entiere de salodie, tintant en tout sens comme si les éléments euxme fredonnaient.
L'écho que renvoyaient les imposantes falaises cernant cette valée encaissée était grandiose, les paroies semblaient répondre à la musique s'élevant dans la forêt ombragée, par dessus les simes jusqu'aux sommets, faisant vibrer le sol entier et se mariant à merveille avec le ruisselement du torent, tout proche. Un long et langoureux vertige m'étreint.
Je pense que n'importe quel individu, quelque soit son parcour, sa propre souffrance ou sa joie de vivre, est capable d'appcier lternité d'un tel instant, la tête au repos, l'expression neutre, le regard rivé sur les haut feuillages rougeoyant, éclairant mieu qu'un astre le ciel pale.

J
'imaginais sans peine le peintre camouflé dans les buissons, la barbe en bataille, l'iris dilae, tout en sachant être l'intrus de la toile.

(touche musicale : strawberry fields forever : the Beatles)
(touche littéraire : la course du zèbre : Chaïm Potok)

Lucile, Ainsi Amour inconstamment me mène.

# Posté le lundi 15 octobre 2007 14:55

Modifié le lundi 15 octobre 2007 15:23

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur.

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur.
Quand mon regard croise une affiche, semblable aux relations que l'on affiche, aussi colorée soit-elle ce n'est pas elle qui attire mon attention et sucite mon interet mais le mur quelquonque qu'elle recouvre, et ce qu'il cache...

(touche musicale : good morning : Miss Li)
(touche littéraire : la nuit du renard : Mary Higgins Clark)

Lucile, désinvolte.

# Posté le samedi 13 octobre 2007 06:33

Pomme et fleur de coton.

Pomme et fleur de coton.
"Tu t'rapelles quand t'étais gamin tu passais des heures cul par terre à suivre du petit dé une fente dans les pavés. T'avais la cloche sans t'en soucier, tellement que ça t'intéressait, je gueulais et tu torchais ton nez avec ta manche."

Paysage :


On a entendu un cri. Les petites filles qui jouaient à la marelle ont toutes deux relevé la tête. Un instant elles sont restées immobiles comme les personnages d'un tableau puis la blonde a jeté son palet, elle a crié, Tes dans le Ciel sans être passée par le Trou tu triches t'as perdu. On a encore entendu un hurlement. C'était peut être une bête des bois que le coup de feu avait effrayée. Le pêcheur n'a pas tressaillli. Il a dit - mais pour lui-même puisqu'il est seul - ça ne mord pas guère aujourd'hui pas de veine.

Une maille à l'endroit, une maille à l'envers.
J
e sirote une gore de ma soupe au potiron.
U
ne maille à l'endroit, une maille à l'envers.
Un
e brusque rafale bouscule les nuages qui s'effilochent barbouillés d'ocre au dessus du paysage statique, le même depuis mon premier souffle, que ni les saisons ni les années ne savent changer.
Une maille à l'endroit, et... merde, comment puis-je être si maladroite? Je suis plus empotée qu'une manguefraichie.
Bi
en sur ça ne vaudra pas le pal, mais pas d'impascience, des que je tombe enceinte nous mettons les voiles sur l'Himalaya, en attendant demain je jetterais un oeil dans la boutique d'antiquité à trois pas de son numéro pour voir s'il n'y aurait pas de moulin à café en prévision du jour je suporterais l'amertume, et le trainerais à la premiere terasse pour deguster un ca frappé. Oui, je ferais ça.
J
'alterne une maille avec un trou. A croire que j'ai vraiment deux mains gauches.

(
touche musicale : uncover my eyes : Piers Faccini)
(touche littéraire : la Terre est à nous : Annie Saumont)

Lucile, attendant ses premieres rides aux coins des yeux.

# Posté le lundi 08 octobre 2007 14:19

Modifié le lundi 08 octobre 2007 16:47

Là-haut, étirant contre l'azur du ciel sa bavure au blanc de céruse, il y a un long nuage.

Là-haut, étirant contre l'azur du ciel sa bavure au blanc de céruse, il y a un long nuage.
Il est ettonant de constater à quel point les souvenirs peuvent être brefs mais précis.
Comme de
s détails que l'on aurait cru insignifiants lors de leur réalisation traversent les ans sans prendre une ride, intacts.
Il
est bien aussi fou que flou de se rendre compte combien les miens sont déformés malgré leur authenticité.
Le p
lus flagrant est tout de même que je n'ai pas instentannement reconnue la maison après moins d'un an d'absence, ce jour là.
Pourt
ant, mis à part des drapeaux bariolées accrochés aux poutres de la charpente, tout était en place, du moins extérieurement. Ce trou de mémoire était sans doute lié au fait que je me suis aveuglée ces dernieres années.
Sur l
'instant je me sentis indigne, puis dépossédée de la demeure de mon enfance et le parquet de la terasse craquant sous les pieds nus bravants les échardes, et donna un violent coup de pédale en sens inverse, montée sur le VTT rouillé que j'avais spécialement emprunté à un villageois, et dépassa avec soulagement le petit pont au ras de la Drome et sa glese dont je me recouvrais le corp pour adoucir ma peau et en jetter sur les voitures, cachée dans le fossé, à une autre époque. Je me rapelle du bruit sourd des masses diformes d'argile éclatant contre la tole et les crampes de rire que ce jeu me donnait.
A c
haque visite, à vrai dire peu nombreuse, dépassant prudemment le chantier où s'accumule encore poussiere, sciure et copos de bois, je me raproche de la porte vitrée je sais ne pas devoir m'attendre à trouver la clé dans la serrure, ouverte à tout les voyageurs et tout les vents, comme pour apprivoiser cette fondation sans attaches, vidée des quelques affaires négligées mais si familieres de son défunt propriétaire.
Je me
suis même risqué une fois à jetter un oeil par une fenêtre. Décort agréable, chaleureux. Plus rafiné et moins précaire qu l'époque où mon père logeait seul ici, mais si méconnéssable qu'il me fut impossible de faire un pas de plus, pareil à l'idée de marcher sur les ruines de mon passé.
Bi
en sur, viendra mon tour de me réveiller dans le lit deux places que j'imagine, vide, à létage.
Po
ur l'heure, j'essore l'éponge imbibée d'eau tiede depuis le temps que je reste ainsi immobile, les mains sous le robinet, et pose le dernier bol, astiqué comme un sou neuf, à l'envers sur l'égoutoir.

(
touche musicale : death : Goran Bregovié)
(touche littéraire : y a pas que la mort dans la vie! : Arthur Ténor)

Lucile
, personnification de la boite à Pandores.
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# Posté le samedi 06 octobre 2007 10:54

Modifié le dimanche 14 octobre 2007 14:19