Tu fus sel dans la neige et la neige n'était que nuit.

Tu fus sel dans la neige et la neige n'était que nuit.
Je suis sur le point de franchir le Rubicon. Seul les paroles me retiennent encore.

C
e n'est rien de plus que des lianes se nouant à mes poignets dont je suis la captive ou l'encre d'une pieuvre me coupant la vue.
Quand je sens que l'étau se ressere je ne peux contenir les larmes qui se pressent et s'écrasent, sinon je sais que ma petite bouche tordue de douleur s'ouvrirait en grand et laisserait déferler le flot d'injures bouillonantes qu'elle contient tant bien que mal quand l'injustice la frappe, la ramenant au pied du mur de l'autorité infranchissable.
Cette bouche aux lévres indessoudables et martyre est reliée à mon crane résonnant de la faille que chaque mot blessant semble entamer d'avantage et qui imitera la sicatrisation jusqu'à la prochaine rafale me rapellant le piége de ma place.
Ma p
lace dans la société, ma place sur diverses courbes, ma place près de la fenêtre au dernier rang, ma place et mon nom de famille que j'aimerais gommer si il n'était pas l'héritage de mon père, ma place et les longues études trassée pour elle, ma place présente et mon avenir que je ne controle pas, qui ne m'appartiennent pas puisque l'on lance les dés pour moi, ma place que je ne peux quitter.
J
e n'aprendrais jamais à assumer mes choix si on ne me laisse pas les prendre.

(
touche musicale : chocolate sabroso : Alfredo "chocolate" Armenteros)
(touche littéraire : les anges n'ont pas de sexe : Dominique Sampiero)

Lucile, tête de bois chemin de fer.

# Posté le mardi 02 octobre 2007 12:44

Modifié le mardi 02 octobre 2007 15:29

De la place pour trois, pas pour toi. Ne mandie pas, attends ou vas t'en loin de moi.

Je passe d'un pas pressé le portail,
le
visage enfoui dans la laine verte de mon écharpe. Sans ralentir j'enfonce profondement mon beret sur mes oreilles.
Enco
re cette satanée impression que tout les regards sont braqués sur moi, ou bien celle d'être insignifiante, ordinaire et transparente quand on me bouscule violemment, balotée de droite à gauche dans la masse d'adolescents suréxités qui se disperse peu à peu, mais je ne prend pas le temps de reprendre ma respiration après cette journée de plus en apnée.
Je m
'éforce à avoir le visage aussi fermé qu'il est impossible de faire une breche dans le gris du ciel.
Malgré la fatigue et la
fébrilité me pesant sur les épaules, redoublant à l'idée de devoir me remettre au travail à peine rentrée, j'avance avec toute l'assurance que je suis capable d'imaginer avoir.
Au fond de ma poche je
froisse l'aluminium que rencontre mes doigts après en avoir extirpé le dernier batonnet de nougat vietnamien que je croque avec aplication.
Je frotte énergiquem
ent mes mains entre elles comme si je jettais du charbon dans le foyer de la vieille locomotive dormant en moi et étire vainement les manches de mon col roulé.
Je me sens pale, pale comme la mort et limpide comme la vapeur d'eau, dans le reflet des vitrines.
Le
froid me lassere le visage comme une lame.
Je regrette la neige immaculée éblouissant les yeux, éttoufant les bruits de circulation qui me font sursoter et les flocons s'accrochant en silence dans mes cheveux, fondants sur ma peau...
Seuls des yeux aussi bleu que les miens peuvent y voir aussi claire.

(touche musicale : dis moi : BB Brunes)
(tou
che littéraire : mourir accompagné : Renée Sebag-Lanoë)

Lucile, rétro.
De la place pour trois, pas pour toi. Ne mandie pas, attends ou vas t'en loin de moi.

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 12:47

Modifié le samedi 29 septembre 2007 00:43

Elle dessinait une ombre pour partager son trop grand parapluie.

Elle dessinait une ombre pour partager son trop grand parapluie.
J'eus peine à ouvrir les yeux ce matin là.
06h00, comme toujours, par automatisme. Cette manie m'offrait au moins le plaisir de voir le jour percer lentement la nuit de ses rayons et la chasser pour inonder la maison encore silencieuse de la lumiére latrice, aussi douce et paisible qu'une main caressant à peine la joue du monde endormi pour qu'il ouvre ses yeux clos sans être tiviolemment de ses rêves inachevés, car les rêves ont le don de nous emmener vers un ailleurs où ils nous guident.
Auj
ourd'hui la grisaille englobait tout, la carapace des cieux ne se retirerait pas mais il faudrait tout de même que je quitte le refuge de mes couvertures pour affronter l'agressividu vent et la morosité de la ville.
La peur qu'avait suci en moi ce sentiment nouveau m'avait quittée avec le temps, métamorphosée en habitude, me permetant de savourer pleinement ce qu'il me restait de mes songes, comme de la poussiere au creux de mes mains... j'humais l'air comme si je pouvais y percevoir le parfum que j'imagine avoir ses boucles sombres, refermais le poing sur mon éternel doudou, un bou de chifon tant il est ronpar les années que j'avais ressorti des cartons où sont rangés tout les témoins de mon passé, classée ma vie, quand je ne fus plus si fiere de passer pour une grande fille, en pensant à sa petite main logé dans la mienne. Comment un môme peut il malgré lui me rafraichir pareillement de sa candeur?
La simple image de sa tête ébourifée se relevant vers moi, l'incarnation de l'innoçence cachée sous de longs cils bruns, l'air ravi et sans gene, dans le but de m'adresser trois mots tout au plus, me tétanise encore. Trois mots pour renverser le ciel et pour que le sang me monte à la tête. Trois mots sufisants pout me mettre aux pieds d'une demie-portion comme je ne l'ai jamais été à ceux d'un homme.
U
n instant, un instant seulement, quand il me tourna le dos je me sentis vieille et ridicule. Vieille et ridicule comme les hommes décontenancés dans le tramway, légérement gégarnis et quelques peu flasques, se rendants quotidiennement au boulot pour faire bouffer leurs gosses, qui essayent de se changer les idées et zieutent les collégiennes qui ne leurs jettent pas un regard, tout en refoulant leurs pulsions qu'ils concidérent être obsénes parce que ce ne sont pas des grosgueulasses. Mais je n'ai rien en commun avec ces hommes fatigués et désoeuvrés et une boufée de tendresse et d'exitation me saisit.

(touche musicale : lascia la spina, cogli la rosa : Cecilia Bartoli)
(
touche littéraire : ni dieu ni maitre : Lelong)

Luc
ile, qui espere un jour puiser l'eau au puit et s'éclairer à la bougie.

# Posté le jeudi 27 septembre 2007 04:23

Modifié le jeudi 27 septembre 2007 15:16

de ce promontoire, je ne me reconnais plus.

de ce promontoire, je ne me reconnais plus.
tout recommence.



pourquoi t'a fait ça?

Il
est toujours là,me si c'est fini.
J
e disparaît.
Je ne suis pas mal, je ne suis pas bien, je ne suis rien.

fa
ce à l'approche de cet hiver qui s'annonce froid, le petit bouleau, conte, reconte à chaques instant son nombre de feuilles, elles vont bientôt tomber, il n'a pas vu le temps passer, c'est trop tôt, affolé par le retour de cette sensation il ne sait plus se calculer.
A
la première feuille tombée un premier frisson le froisse, la chaleur de l'été, le carressement de l'air, la petite fraicheur que lui procurait la rosée, les odeurs de lavande, les rires des enfants dans la petite cabane à son pied, il a peur de tout oublier, alors il s'accroche, s'obstine, il s'exténue sans souffle.
il
regarde unes à unes partir ses petites amies, sans mots elles s'envollent, il voudrait que tout s'arrête.
C'
est un matin où entièrement dénudé, il se mit à neiger, il avait oublié la douce caresse que la neige lui procurait.
L
e paysage alentour était couvert d'une faible couche blanche encore, ce paysage l'émerveillait.


(touche musicale : Sweet dreams : Indochine)
(touc
he littéraire : Une plage en novembre : Olivier Adam)

simon, qui regrette de ne pas croire que le bouleau a des yeux.

# Posté le mercredi 26 septembre 2007 11:37

Modifié le mercredi 26 septembre 2007 12:18

Tu n'auras jamais honte d'être nu si tu portes un chapeau.

Tu n'auras jamais honte d'être nu si tu portes un chapeau.
Grace ajuste délicatement son grand chapeau blanc sur le haut de son crane. Elle a revètu une somptueuse robe assortie, légère et fine comme les chemises de nuit brodées d'une autre époque.
Elle
quitte la grande maison qu'elle prétend porter autour du cou en devant suporter tout son poid sur sa nuque, brisant son corp tant elle s'en sent prisonniere, sur la pointe des pieds.
El
le avance sans regard en arrière, s'enfonçant dans la nuit et la tempéte. La pluie maretéle le sol, le ciel semble se dechirer, s'écrouler, s'anéantir tant le tonnere résonne. Parmi les éclairs elle ne faiblit pas, impassible, maitresse d'elle-même, au sommet de l'extase et de la force de son existence tiraillée, enfin apaisée. Elle a atteind son but, trouvait le bon moment pour se delaister du poid de sa vie et trouvait le courage de se retirer.
La f
olie et l'aboutissement que l'on peut lire dans ses yeux rendent sa beauté encore plus cruelle, encore plus iréelle.
Qua
nd elle apuie sur la gachette du pistolet dont la force la projette en arrière, la premiere fois je me suis écroulée. Comme si en mettant fin à ses jours cette fille que je comprenais tant me condamnait à un jour en faire de même, au seuil de mon bonheur , comme si j'étais incapable de le vivre, et la rage et l'incomprehension brulaient encore mes joues potelées d'enfant quand l'écran redevint noir et innexpressif, mort de la vie de ce film.
Au
deuxieme visionnage il me sembla avoir compri. Compri que la mort de Grace ne signifiait pas son renoncement, son égoisme, sa lacheté et son échec au bonheur. Elle a choisi de sortir de sa vie non pas part dégout de celle-ci, mais par gout du rêve par espoir et par irréalisme. Elle a laissé son histoire derrière elle à l'instant même où celle-ci semblait s'accomplir, lui donner les chances et les possibilités auquelles elle n'avait jamais été confrontée, l'espoir d'un nouvel équilibre, lui faire connaitre le bonheur. Celon moi Grace a voulu emporter ce plaisir, cette impression d'être en paix avec elle même, avant de voir ses rêves perdrent leur sens en se matérialisant, avant de devoir faire des choix, de se tromper et de se détruire de nouveau.
Je sais mai
ntenant que je veux m'éteindre le jour où je serais comblée, que je serais aller au bout des choses dans lequelles je croie, pour ne plus jamais être déçue, douter de moi, et me réveiller peut être à mon tour sous la forme d'une tortue qui n'aura plus à se torturer à penser...

Et si
les mondes multiples existaient vraiment? Si à l'aube de chacune de nos décisions, plutot que l'anéantissement de la solution reniée et des concequences qu'elle aurait engendrait l'histoire se divisait en deux, créant des mondes parallèles à l'infinie et nous dédoublant sans que nous le sachions, de façon à ce que toutes les possibilités soit exploitées dans des univers identiques mais différents à un choix près?
P
eut importe puisque nous sommes définitivement coincée dans le notre et qu'il est inutile de ressasser notre passé et nos fautes, peut êrtre différentes ou innexistentes ailleurs, qu'ici nous ne pouvons pas changer.

Je d
éplie précossionesement le mouchoir de tissu blanc sur lequel est brodé mon nom à une lettre près, "Lucie", comme s'il contenait de la porcelaine. Pendant de longues minutes j'observe l'immense lame tranchante du couteau à cran d'arret avec une tendresse peu commune, le sourire s'élargissant, puis replie sur lui l'élegant voile dans un silence religieux...

(tou
che musicale : abro la ventana : Lhasa)
(
touche littéraire : les portraits d'Arcimboldo : Claude Delafosse)

Luci
le, vaccinée contre la fievre jaune.
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# Posté le mercredi 26 septembre 2007 05:39

Modifié le dimanche 14 octobre 2007 12:09