du calme

du calme
toute cette colonie de jours qui s'entrechoquent, s'entremèlent.

Lui, pauvre chef analphabête qui ne sait plus orchestrer ce coeur qui pourrait être si beau, une fausse note dans ses accorcds, une répétition de ses heures, jusqu'à la fin, il refait, incertain tout les chemins qu'il a pu parcourir, tente de mettre de la couleur dans sa partition, essaie de redécouvrir une parcelle de frisson en se plaçant bien haut et droit devant ses musiciens, il voudrait avant tout comprendre si c'est le troisième violoniste qui a tout déclanché en ce proposant de jouer, est-ce sa mélodie qui l'a rendu fou, ou est-ce seulement la peur de mal faire.

Pourquoi
pleure-t-il ce soir, devant son miroir, est-ce le mal être face à son reflet, ou le regret de ne pas en avoir assez fait?
I
l tombe, en proie à son désarrois, quel idiot le concert va commencer et il ne pense qu'à pleurnicher.

Il
monte les marches, en fermant les yeux, sa chemise est froissée et sa cravatte mal nouée.

(touche musicale : les bobos (un matin gris, dans la voiture en partance pour Giers) : Renaud)
(touche littéraire : L'étrange histoire de peter shlemihl : Chamisso)

simon, qui monte les marches unes par unes.
Et qui l'aime peut être.
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# Posté le mardi 25 septembre 2007 13:29

Modifié le mercredi 26 septembre 2007 00:56

j'ai trouvé ma dame rose.....

j'ai trouvé ma dame rose.....
une, trois ou deux minutes staient écoulées.
J
e laissais mes jambes se guider seules pour une fois, je racontais, me vidais enfin, j'osais me juger comme le fait michel Leiris, je lui lassais le dur travail de tout trier, mais elle semblait tout prendre, tout garder, c'est elle qui a tout compris, les traits de son visage cachaient une telle sagesse.

J
'aimais à observer du coin de l'oeil les montgolfières, mon rêve ou non.
Mes larmes ne coulaient pas, elles restaient incrustés, elles faisaient briller mes yeux, comme des pierres précieuses.

C
e hamaut de montagne où elle aurait aimé vivre, il n'est jamais trop tard à part quand il est trop tard, ce petit cimetière sous cet impressionant clocher baigné de lumière, Hurtière c'est ce viel homme et ses 3 poules.
La
maison du prêtre ou l'air contient toutes les confessions.

La tour n'appartient à personne.
si j'aim
e ça c'est parce que c'est là que tout vole, que tout s'envole, pas besoin de travailler la scène.
I
ci tout est le plus simple, ce ciel coloré, j'en suis amoureux.

Je ne
veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner, je veux seulement oublier.
Ma cham
bre a la forme d'une cage, le soleil passe son bras par la fenêtre, les chasseurs à ma porte comme des petits soldats qui veulent me prendre.

(touche musicale : simpathique : bink)
(touche littéraire : oscar et la dame rose : Eric-Emmanuel Shmitt)

simon, qui ne sait plus où il en est ou s'il en est quelque pars.
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# Posté le mardi 25 septembre 2007 06:47

Modifié le mardi 25 septembre 2007 07:29

La pluie désacordée.

La pluie désacordée.
Je me rappelle quand je m'habillais encore d'ennuie...

F
inalement j'y tien à mon papillonage.
Je range dans un tiroir dont j'espere perdre la c mes sentiments aléatoires, et cours nus pieds sur le goudron, ma perte à mes trousses. Je cavale dans les escaliers et reprend mon soufle à l'ente de l'amphithéatre de pierre.
Le clocher se dresse derriere les gradins, dans le soleil clinant. les feuilles craquent sous mes pas, à l'unisson avec ceux de mon amie d'enfance, semblant marquer le contre-temps. Magali et moi nous lessons vivre, imaginant à la façon que nous avions de faire autrefois, notre sourire ne pourrait plus s'émietter...
Nous nous accroupissons pour ceuillir des marons que nous glissons dans nos poches de jean us, des arcs en ciel dans les cheveux et la douceur du mimosa dans la paume de la main, à l'heure où l'herbe respire, le vent se retire, que nos espoirs jaillissent d'une fissure...
No
us porterons des chapeaux de feutre, des écharpes bariolées et des botines rouge ou bordeau. Nos chevelures seront nos traines, elles nous pousseront dans le dos quand le vent soufflera fort, se nouant comme le contraste de sa peau de lait et de mes levres rouges. Intoxiquées de musique et pocédées par le vice de la jeunesse, nous ne commenderons pourtant qu'un jus de picenlit au bar où nous serons acoudées. Fiançées à des saltimbanques, nous ne prendrons pas la peine de s'en faire, nous filerons de routes en trotoirs, le pouce levé en attendant d'avoir assez économisé pour nous acheter une Mini d'occasion aux sieges usés. Nous aurons greffé au bout de nos doigts un violon, une mandoline ou bien un armonica, parlerons de la pluie et du beau temps avec les mandiants et projetterons chaque soir sous nos couettes en plume d'oie le Pérou, le Népal, le Mexique, la Mongolie, l'Irlande, ou toute île coupée de la civilisation... Nous instalerons une yourte sur pilotits dans notre jardin que nous laisserons au naturel, brulerons de l'encens et dans un fauteuil à bascule grinçant au crépuscule nous nous réaliserons des bracelets en maron comme à cet instant, une éternité de rêves plus tôt.
Nous
reprenons notre chemin d'ivresse, emplies de mille couleurs, de mille lueurs...

(touche musicale : la fleur de l'âge : Jamait)
(touche littéraire : faux printemps : Jean-Claude Izzo)

Lucile, à jamais pour toujours.

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 14:13

Modifié le dimanche 23 septembre 2007 14:48

Si tu me quittes est-ce que je peux venir aussi?

Si tu me quittes est-ce que je peux venir aussi?
C'est étrange, quand je ne brise pas tout ce que je touche c'est moi qui m'écorche au moindre éffleurement.

Sur la p
ointe des pieds je guettais par la petite fenêtre de la cuisine, anxieuse, son arrivée. Il entra dans mon champ de vision sur une moto au rouge éclatant. N'importe quelle gamine normalement constituée aurait été impressionnée par une telle monture. Pas moi, j'ai horreur de ces engins.
Le voilà qui se présente à moi, le sourire en bandouliere, les cheveux bien aussi courts que la fois précédente. A quoi m'attendais-je?
J
e le dévisage de haut en bas. Il incarne l'adolescent orgeuilleux, pueril et superficiel, incapable de toute évidence de se remettre en question. Exactement le genre d'individu que je croise tout les jours dans la rue et que j'ignore, et qui eux même ne me jette pas un regard, préssé d'ateindre leur but, contrairement à moi qui ai toujours le temps pour m'adonner à l'observation. Et pourtant je sens l'espoir qui m'emplie, me soufle de perseverer, de lui laisser du temps. Et de toute façon, ai-je le choix? Quel est le pire, se rendre compte que l'on a faux sur toute la ligne, que l'on a tout envoyé en l'air pour un mirage et que l'on n'a fait que se faire souffrir en se raccrochant à une image, à du vent, ou accepter de lui laisser le bénéfice du doute, d'accepter son silence et de donner de l'amour les yeux fermés, pour souffrir encore? Futilité. Je me plante les ongles dans la paume de la main et referme la porte derriere lui.

Plus j'avançais, le regard fixe, plus je regrettais tout ce que je disais qui semblait tomber à plat, ne même pas l'atteindre, et regrettais encore plus tout ce que je n'ausais pas dire, comme si je contournais systématiquement l'essenciel, qu'il brulait de son absence de réponse le sens de mes mots.
J'ai
horreur de ça : contempler mon impuissance.

Face au
vide, les bourasques semblaient fluidifier un peu mon bouillonement de pensées, de reproches et de pulsions mélangés.
Une seul
e de ses longues mains fines et mates aux veines saillantes, dégageant bien plus d'émotions que son expression impassible, posée sur mon corp et je ne pouvais réprimer un long frisson me parcourant l'échine. Comment pouvais-je m'être pareillement piégée? Une boufée de rage m'envahie alors. Je ne me comprenais pas. Je me trouvais lache et ridicule au point de me detester. Comment pouvais-je m'enfoncer de mon plein gré dans cette situation à l'opposé de ce que je recherche et qui s'offre à moi? ça n'avait pas de sens. Et pourtant... ces points de suspençion se répétaient à l'infinie.

Alo
rs que je me tordais les doigts pour ne pas me laisser submerger par mon flot d'angoisse et de peine, un violent coup de vent emporta la lettre que je lui avais écrie il y avait des jours de cela, bien avant toutes révélations, et qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de lire. Lettre pleine de promesses d'espoirs et de ma passion que j'avais du mal à contenir, mais surtout de certitudes insolentes et d'une assurance qui c'était entierement évanouïe depuis. Elle voltigea par dessus les arbres en contrebas du viaduc, du coté de la fraiche riviere, pour se perdre dans les feuillages dans le bruit du froissement du papier et du sifflement du vent qui me ravie.
Et
rangement, j'en fut soulagée. Soulagée que la preuve de ma fougue et de ma tendresse aille s'éteindre entre les feuilles mortes, s'estomper avec les élements, bercée par la brise au fil du temps, de façon à ce que mes sentiments sous la forme de mots n'appartiennent à personne puisque je n'avais pas su les pocéder et les dompter. Comme une vague d'émotion échappée par la mine de mon stilo retrouvant sa liberté et n'ayant pas à assumer ses concequences, me laissant encore une chance de me défaire.
Et pou
r la premiere fois depuis son arrivée je souris de bon coeur à travers le voile de ma tristesse, doutant qu'il puisse s'en apercevoir tant ce sourire fut imperceptible et le mur entre nous infranchissable.

Je me
penchais d'avantage vers le vide m'ebouriffant, m'attirant indégniablement. Aucun doute, si je devais mettre fin à mes jours ce serais d'ici, isolée du monde à quelques pas de chez moi, dans ce petit val encaissé ou peine à filtrer la lumire douce, dans un univers qui pourais être l'interieur de ma tête. Je me tiendrais bien droite, tout au bord, comme à cet instant. Je regarderais droit devant moi et me laisserais tomber plutot que de sauter, de maniere à voir le sol se raprocher jusqu'au derniere instant. Je ne crirais pas, le vent ferait une derniere fois pleurer mes yeux. Enfin je m'écraserais contre les rochers moussus et entendrais juste avant de m'engouffrer dans le noir éternel tout mes os se briser. ça serait beau je trouve. On me retrouverais démentibuler comme une poupée de chifon, mes yeux de verre grand ouverts sur le monde que j'aurais quitté, baignant dans mon sang.
Mais
à quoi bon se suicider? La vie n'est pas une scene. Je ne serais pas là pour savourer le spectable du desastre que je laisserais deriere moi et la culpabilité de mon proche entourage. Et puis il me faudrait une raison valable, alors...

Quand j
e me suis retournée vers lui j'esperais lire sur son visage la réponse à mes questions, la solution à cette histoire sans issue, rencontrer un trait qui me dicterait la décision à prendre, un simple indice, qui laisserait percevoir un tout petit peu ce qu'il ressentait à cet instant ou définitivement me résignerait à son indifférence, mais il était de dos. Comme toujours me semblait il.
Nu
l doute qu'il fixait la ville, parfaitement immobile. Moi je ne quittais pas son dos des yeux, cherchant à m'impregner de toute la courbure de celui-ci, le flotement de ses vétements, le duvet fremissant de son cou, les contours de son crane, comme si c'était la derniere fois que je le voyais, tout au moins à travers le regard que je posais encore sur lui.
Une
question me brulais les levres, je me retind pendant de longues minutes, puis finie par soufler : "As quoi tu penses?"
"A rien.
"
... bien sur. A quo
i m'attendais-je.

Il
sortit de ma vie sans mot dire et sans doute sans regret, dans un nuage de poussiere, monté sur sa bécane, me saluant d'un signe de main avant de disparaitre.
Un signe de
main. Un signe de main et j'essuyais rageusement les premieres larmes de celles que j'avais tant retenues perlants sur mes joues, du revers de la mienne. Je tournai les talons et ne jetta pas de regard en arriere.

(touche musicale :
wasting my time on breizh : Klaus Nomi)
(to
uche littéraire : futurs perdus : Lisa Tittle)

Lucile, comme l'
ouverture des paupieres d'une gamine livrée à elle même et la place vide à ses cotés mais encore chaude sur les draps froissés et seul le souvenir du marin qui la remplacera au port suivant...
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# Posté le mercredi 19 septembre 2007 14:00

Modifié le vendredi 21 septembre 2007 01:46

No man's land.

No man's land.
On doit pouvoir sauver les pages, tu vois rien n'est encore défait. J'apprends à rester à quai, tu sais mon unique voyage c'est dans tes yeux que je le fait...

Ch
ronique du quotidien :

Je souleve lentement mes paupieres engourdies, découvrant le plafond dans la pénombre. Je me releve en silence, la tête me pése encore un peu. Frémissante, je m'ébroue comme pour me débarasser des parcels de cauchemar au réalisme insoutenable qui m'impregne encore, rode au fond de moi. Pour une fois je regrette de me souvenir de mes songes nocturnes inconscients.
Seins-
nus, je me dirige, indecise, jusqu'au miroir de la salle de bain crasseuse. J'ai juste l'air d'une femme au visage d'enfant, plus precisement d'enfant égaré, abominablement fatiguée, des cernes profondément creusées, comme taillées au couteau. Pourtant tout va bien, ou plutot rien ne va mal. Je ressemble à un brouillon de bande-dessinée, les cheveux en tout sens tirants au roux dans la lumiere du petit matin, l'eye liner charboneux dégoulinant, soulignant la clarté de mes yeux, l'air neutre, légérement triste mais pas assez pour que ce soit notable. Je me plaie bien ainsi. On dirait une toxico, l'image me fait sourire.
A pas feu
trés, après avoir passé une robe assez longue pour ne pas passer pour une aguicheuse et assez courte pour faire tourner les têtes, je file à la salle à manger. Je m'arrête au centre de la piece, j'ai mal au coeur et ne peux avaler qu'un verre d'eau poisseux qui me colle aux doigts.Dans l'espoir de refroidir mes joues qui semblent vouloir contenir tout mes fantasmes inavoués et ma honte de ne pas savoir me détacher d'un rêve humiliant qui me pousse presque à en vouloir aux protagonistes de celui-ci, comme si ils s'étaient volontairement immisqués dans le calme de ma nuit pour jouer sur la corde sensible de la harpe de ma peine...
J
e scrute la grosse horloge, toujours impassible, puis toise un tableau à l'aquarelle accroché bien droit par un clou sur le mur au vert amende lactescent, dans un immonde cadre orde boiseries. La peinture représente une bergerie de pierre perchée sur une coline surplombant un lac miroitant, laissant apparaitre ce que je croie être une forêt de bambous et au loin des montagnes enneigées. je souhaite alors de toute mes forces m'enfoncer dans la toile.
J'effleure du bout des doigts le bouquet de fleurs orangées posé au coeur de la table, je ne souhaite à personne de ressentir si intensement la solitude.
Je ne suis pou
rtant finalement que dans une vieille demeure habitée par l'âme meurtrie de vieilles personnes comme des statues poussiereuses, au dernier chapitre, cloturant leur vie. Et moi qui ne suis qu'à la préface je ne déteind pas sur le décort...

Plus tard, écartant mon ri
deau de cheveux d'une main, à travers les mailles blanches de celui de la fenêtre donnant sur la cour, les volets grand-ouverts, je détaille les géraniums que j'aime si peu suspendus dans leurs pots de terre cuite, l'ombre du cerisier sans ses fruits, la cabane à outils au bout de l'allée de cailloux, le terain de pétanque longé de rosiers resplendissants, le petit banc en bois remontant à mon enfance, et enfin le potagé s'offrant à ma vue. Je me compare alors à l'une de ses tomates pas mures, camouflée derriere les feuillages, se nourissant de la chaleur du soleil, peinant à percer son trou pour atteindre les rayons de celui-ci qui lui sont indispensables.

De retour chez moi la douleur me martel de nouveau le crane, et comme un rituel purificateur je me glisse sous la douche. Je me déshabille de ma tension et le corp en paix, assise en tailleurs, je laisse l'eau, abondante et fluide, courir sur ma peau renaissant, le visage tendu vers le ciel. Je m'enfonce dans le calme que le flot semble diffuser, bercée, et m'abandonne à la douceur de cette tendre étreinte translucide qui me rappelle celle qui me manque tant dans la profondeur des nuits que je passe en dépit du sommeil, et c'est comme si j'avais atteind l'éternité...

(t
ouche musicale : she's my man : Scissor Sisters)
(
touche littéraire : je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part : Anna Gavalda)

L
ucile, les yeux grand-fermés.

# Posté le dimanche 16 septembre 2007 13:48

Modifié le dimanche 16 septembre 2007 14:23