Aphorisme.

Aphorisme.
Le vent chaud caresse mon visage, je voudrais fermer délicatement les paupieres et traverser la rue sans regarder.
Com
ment puis-je être si fébrile? Je tien à peine sur mes jambes... Quesqu'y peut bien pomper ainsi mon énergie, physique tout au moins?
J
e continue pourtant à avancer d'un pas qui se veut ferme, pas question de perdre plus de temps.
L
a tête me tourne, je marche dans le soleil, ce qui ne m'empeche pas de grelotter. Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part...
Un instant, alors que je prend appui sur un mur au blanc cassé, sentant que je perd l'équilibre, je ne suis plus qu'un nuage de fumée.
Voilà quelques jours qu'il me semble que rien ne peut avoir d'impact sur moi, je survole la foule, sans mot dire, le regard en voyage.
La lumière pleut sur le boulevard apaisé, les voitures sont en veilleuses.

Je m'imagine des falaises qui s'étendraient à mes pieds, le vent s'engouffrant sous mes vétement, un ciel bleu pale, délavé, comme les jours de neige s'étirant jusqu'au plus loin où peuvent porter mes yeux, là où continue mon imagination.
C'est ça, cette curieuse impression d'avoir le vertige. Je me sens si frele...
J'ai besoin d'une épaule sur laquelle me reposer.

J'ôte mes bijous un à un. Je jette un regard laconique sur la ville à son heure d'ombre où elle devient étrangere, alors que le soleil a déja dispa
ru derriere la montagne et que les lumieres ne sont pas encore allues. Lymphatique, je tend le bras pour atteindre la poignée de la fenêtre et laisser la nuit duveuteuse, lénife, fraiche, envahir la piece et me retenir, me porter, s'enrouler autour de mon corp et s'ensinuer en moi. J'entend encore mon coeur battre dans mate.

Sans raison apparente, me revient en tête le mythe dans laquelle Chronos mange ses cinq fils après avoir tranché symboliquement le sexe de son père à la foscille.

R
ejoins moi au virage...

(t
ouche musicale : l'eau du Gange : Valérie Leulliot)
(
touche littéraire : tête nue : Isabelle Rossignol)

L
ucile, lacunaire, l'ombre du contre-jour.

# Posté le vendredi 14 septembre 2007 14:25

Modifié le samedi 15 septembre 2007 00:37

Une écriture de petit garçon...

Une écriture de petit garçon...
Les yeux rivés sur son assiette, elle prononça lentement et distinctement, comme si elle s'appliquait à réciter un texte qu'elle ne comprendrait pas, sans intonation, la voix glacée :
"T
u sais ma fille, le sexe c'est comme la drogue l'alcool et la cigarette. Ne te laisse pas attirer par ce délit, c'est un piege. Les hommes se serviront de toi, le sexe ne te rendra jamais heureuse, tu te feras une réputation de salope et après t'avoir salie ils te mépriseront et te cracheront dessus. Tu es jeune, innoçente, le sexe ne peut être qu'ainsi pour l'instant, à ton âge on ne peut pas le concevoir autrement, éprouver du plaisir, tu auras peut être un sentiment de supériorité pendant un temps puis tu regretteras d'avoir voulu faire ta maligne. Regarde où ça a mené tes copines, ces petites dévergondées, en sont elles mieu dans leur peau? Une belle histoire ne peut être que réfléchie, durable, stable, tu es aujourd'hui incapable d'en vivre une. Ne joue pas au jeu de la séduction. Paciente ou tu souffriras. [...]"

Je
fixe la clarté du ciel au delà de la baie vitrée, un sourire désolé et consterné aux lévres.
Mam
an... c'est télement, télement, plus... tu me parais si loin soudainement. Si loin, le regard figé et le traumatisme sans doute encré en toi, tes pensées et ton point de vue si étriqués, ta peur infondée... si loin de la dimension de ce qui se passe dans mon esprit, de mes esperances, des réponses à mes questions, de la beauté des gestes et de la tendresse, de la légéreté et du vent qui soufle sur ma peau, de mes expériences dont tu ignores tout, de l'appel des corps et du lange du touché de la terre et du mirage du nuage, de l'extase et de la douceur d'un apprentissage qui ne se limite à rien... Et je suis si loin de ta convenance, de ta morali, de tes certitudes afligeantes, que je n'ai pas besoin de me boucher les oreilles, je ne t'entend plus... pauvre Maman.

(touche musicale : Wokół sami lunatycy : Dżem)
(touche littéraire : le dormeur du Val : Rimbaud)

Lucile, le corp possédé par le carnaval de Venise.

# Posté le jeudi 13 septembre 2007 14:57

Modifié le lundi 17 septembre 2007 11:50

Chacun a tord mais ses raisons.

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés...

J'enroule mes cheveux autour de mon doigt. Fais une moue septique. Me mord la levre inferieur. Me ronge consciencieusement les ongles, un à un. Me fais la remarque que je cligne rarement des yeux.
Qu
esqu'y m'est passé par la tête?
Rien, vraiment rien, je croie... mais au fond, peut être voulais-je savoir quel effet pouvait avoir ce manége, constater par moi-même le désir que je pouvais engendrer, me rassurer... mais à quel prix?
Non, vraiment, je n'avais pas conscience des concequences en me dandinant dans ce tutu de tule bleu transparent, ondoyante à demi-nue, me tortillant pour passer un autre déguisement de ma collection, toujours avec un minimum de tissu.
E
t ces yeux... ces yeux se voilants, face à la douleur et sans doute la confusion de savoir pertinemment ne pas pouvoir ceder à la tentation et que je lui inflige malgtout ce spectable volupteux et ambigu.
Comment ai-je pu être si égoiste? Voulais-je inconsciemment lui faire payer ma propre douleur?
Car je ne cherchais en aucun cas à mesurer sa resistance...
Lui qui est le seul à savoir me ramener quand je suis au bord de l'abîme, lui qui supporte déja mes yeux dans le vague quand je lui parle d'un autre...

Ces mots qu'il est si bon d'entendre, qui me ferais pleurer de joie dans une bouche muette, me fur pour la premiere fois aussi douloureux qu'une lame me traversant le corp : "Tu es belle, Lucile". Car je sentais toute l'empleur de mon pouvoir sur cet homme que je faisais souffrir, que dans ce genre d'instant je devrais dégouter.

(touche musicale : te souviens-tu : Jane Birkin et Manu Chao)
(touche littéraire : une vie passionante : Susan Minot)

Lucile ou une fumiste, et ses deux états contradictoires de génératrice d'émotions et de poupée de chifon innanimée.
Chacun a tord mais ses raisons.

# Posté le mercredi 12 septembre 2007 05:10

Modifié le mercredi 12 septembre 2007 06:08

Elle avait cru le tenir et c'est lui qui la possédait.

Elle avait cru le tenir et c'est lui qui la possédait.
C'est un de ces dimanches sans maquillage.
Un d
imanche au son des violons.
Ma
mère passe le temps, elle qui revendique toujours qu'il ne faut pas le perdre, et les heures de son après-midi d'en une énieme tentative de gaspacho ratée, mais ne se décourage pas. J'aime la regarder évoluer dans notre cuisine bleu, recroquevillée sur la derniere marche des escaliers de bois. C'est dans ce genre de moment de calme que je n'ai pas peur dtre égal à moi-même dans tout mes gestes malgsa présence qui d'accoutumé me tiraille entre l'envie de briser le silence et la crainte d'un nouveau cataclisme, et qu'il me semble en apprendre d'avantage sur elle.
C'est un de ces dimanches pour du beurre, un dimanche l'on voudrait se perdre en fot.
Un dimanche de plus à parader en robe légere, à m'asseoir négligement au bord de la fenetre, une jambe repliée et l'autre balante le long de la fade, le regard portant jusqu'à l'horizon.
T
andis que les gens sortent, tandis que le monde bouge, je m'entoure de mes livres comme on construit une muraille, relevant parfois la tête de mes pages pour contempler chaque heure du jour avant qu'elle ne fuie.
Je
tente de ne pas ceder à la fatigue alors que mes yeux se ferment, le visage enfoui dans ce bout de tissu dont le parfum s'est estompé mais que je le voie encore porter, laissant echapper le folio que je tien en main comme si je rendais mon dernier soufle. Je me sens veuve.
Je
ne veux pas m'assoupir avant d'avoir entierement vu décliner le jour et que le soleil se soit cacderriere les montagnes. Il est trop tard pour monter au promontoir en longeant les cretes où à la grande pierre aux alures de menir qui m'a vue grandir.
J'aurais du descendre au viaduc, sous ces arches magnifiques envahis par la végétation, pour, au bord du vide, me donner completement à la fin du jour. Mais à quoi bon quand t'on ne peut partager?

L
es nuages accrochés aux montagnes dans la pénombre me rapelle la brume sur San Fransisco, les contours du Golden Gate comme sur un croquis que l'on n'aurait pas pri la peine de terminer...

C'est un dimanche de doucerance, de solitude cotonneuse, que j'espere pouvoir continuer de cultiver ailleurs.

( touche musicale : meantime : Edwardia )
( touche littéraire : vivre fatigue : Jean-Claude Izzo )

Lucile, minuscule.

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 14:29

pas une vie d'asperge, de libellule

pas une vie d'asperge, de libellule
quelque part vers un paradis le paradis, une fin d'été chez vous.

ils se promenaient donc, sur ce chemin tout à fait ordinaire, parcouru avec tant de visages différents, Lydie la jeune grand-re qui n'en avait que faire de l'argent, geneviève qui lui avait apris que la vie vallait le coup d'être vécue et qui l'avait aidé à monter sa fabuleuse collection de portefeuilles, sa chienne qui fut longtemps pour lui considée comme une amie fidèle avec qui il jouait, dormait, courrait, et qui d'ailleur est celle qui l'a le plus accompagné dans ses courses folles qu'il aimait tant, avec son amie d'enfance avec qui il se sent le mieux, avec son re et sa mère, qui ont toujours été là pour lui et qu'il aime tant, avec son ami pierrot, là aussi pour chasser les meilleurs noix et cueillir les pommes les plus craquantes, avec une autre amie de la maternelle irremplaçable, avec de la famille pour la traditionnelle "balade après le repas", et seul quelques soirs d'automnes où enfin il se sentait lui-même de nouveau.

Ainsi, il repassait par là avec aucune lassitude comme on pourrait le croire.
Une
fois de plus, avec lui-même, son ami pierrot et sa vielle amie de maternelle, revivant tout les sourires, les pleures, les rires, parlant de diverses choses, s'observant, lui riait aux éclats en dissertant sur ses poils d'aicelles, sur l'herbe trop haute, et sur le torse de son ami pierrot, il lui sembla alors être à la fois jeune et à la fois agé, abouti, seul, nu, heureux.

(touche musicale : carrefour sur la colline : bingo cpuscule)
(
touche litraire : pas de printemps pour charlie : La cinquième saison, Arnaud Cathrine)

simon, ensoleillé.
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# Posté le dimanche 09 septembre 2007 07:19

Modifié le mercredi 12 septembre 2007 05:20